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Deux semaines de fouilles à Modave : 1/10 (article corrigé et augmenté)

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Les étudiants de l’Université de Liège, en fin de première année d’archéologie ainsi que d’histoire de l’art, sont tenus de faire un stage de plusieurs semaines de fouilles. Ils ont le choix entre trois sites se trouvant en Belgique. Deux d’entre eux se trouvent à Modave. L’un est à proximité de Pont de Bonne, l’autre est le site de Trou Al’Wesse. Par curiosité, j’ai décidé de me joindre à eux pour les deux dernières semaines de juillet. J’ai passé dix jours à fouiller sur le site de Pont de Bonne. J’en fais ici le compte rendu, illustré par quelques photographies.

 

Lundi 16 juillet : premier jour, première semaine.

Creuser pour trouver des trous

Du camp situé au centre omnisports de Vierset-Barse, je suis conduit en voiture jusqu’à Pont de Bonne. Pour arriver au chantier de fouille, il faut grimer une colline pendant une centaine de mètres. Là haut, la roche calcaire à été mise à nu sur une surface d’environ dix mètres carrés.

Ce plateau a été fortifié à plusieurs époques. On a mis au jour un bout de fossé néolithique, sans doute creusé pour y dresser une palissade. Derrière ce fossé, on retrouve plusieurs trous qui semblent être des trous de poteaux. On ne sait pas encore à quoi ils servaient. Il est possible que ces trous ne datent pas tous de la même époque. Il faudra attendre d’avoir fouillé correctement une large zone pour que l’image se dessine plus clairement.
Recouvrant par endroits le fossés néolithique, on trouve également d’épais murs de fortification datant, pour les parties les plus anciennes, de quelques décennies avant JC. Cet ancien mur devait protéger des invasions romaines. À partir de ces premières fortifications ont été construites d’autres fortifications à l’époque carolingienne. On n’a dégagé qu’une petite partie de ces murs, et on ne sait pas encore ce qu’ils protégeaient, car l’intérieur de la zone fortifiée n’a pas encore été fouillée.
Des murs ont été construits, des fossés creusés, d’autres comblés, …, la terre a été retournée de sorte qu’elle a perdu son habituelle structure en couches. On dégage, à la même hauteur, aussi bien des objets du néolithique, que de l’age du fer, ou de l’époque carolingienne. C’est une bonne chose, pour moi qui débute. Je peux creuser plus ou moins comme bon me semble.

Une fois sur le site, on m’explique rapidement le contexte des fouilles. On n’a pas beaucoup d’exemples d’objets à me montrer. Je sais seulement que je dois faire attention à ne jeter dans mon seau que de la terre et des cailloux sans importance. C’est mince.
On donne arbitrairement, à chaque membre de l’équipe, une bande de terre d’un mètre de large, à déblayer. Je m’installe donc avec ma brosse, mon seau, ma truelle, et surtout mon mousse pour les genoux !

Nous sommes accompagnés par le directeur des fouilles et un doctorant. Il ne faut pas longtemps pour qu’ils dégagent plusieurs objets. Ils nous les montrent. J’observe attentivement et je pose des questions. Très vite, j’ai donc une meilleure idée de ce que je cherche. Par exemple, le calcaire est rugueux alors que le silex, quand on l’a frotté avec les doigts pour enlever la terre, se révèle être très lisse, et généralement blanc comme du lait. Mais je ne trouverai rien ce matin là. À midi on peut s’arrêter une heure pour manger. Ce que nous faisons.

Mes collègues étudiants, au nombre de quatre, sont taciturnes. Tout en mangeant, j’essaie d’en savoir un peu plus sur eux. Il semble que ça ne les intéresse pas d’être là. Ils sont ici parce qu’ils y sont obligés, mais ils s’ennuient.
Après notre heure de pause, on recommence à gratter la terre.

Nous nous arrêtons à seize heures. Juste un peu avant, je trouverai finalement mon premier « objet ». Il s’agit d’un fragment de silex. Un quart d’heure plus tard je trouverai encore un tesson de poterie, carolingienne. Je suis content, je ne rentrerai pas bredouille ! Tout le monde ne peut pas en dire autant…

La nuit est difficile. Je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse un si mauvais temps. Une fois la nuit tombée, il fait moins de dix degrés, et je ne suis pas équipé contre le froid. Je caille dans ma tente ballottée par une petite tempête. Personne ne dormira bien. Le lendemain nous nous levons à huit heures. « Manu », le directeur des fouilles de Pont de Bonnes, vient nous chercher en voiture à neuf heures pour nous amener sur le chantier.

Bilan :
8 seaux de terre.
1 fragment de silex.
1 tesson carolingien.

Written by Florimond

juillet 21, 2012 à 6:36

Une Réponse

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  1. […] précédent épisode a été corrigé et […]


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